Industrie minière : une mission commerciale de Sudbury au Kazakhstan
Une mission commerciale de la Ville du Grand Sudbury se rendra en juin au Kazakhstan, un pays où le gouvernement cherche à moderniser une industrie minière déjà importante. Ce pays d’Asie centrale cherche à attirer de nouveaux partenaires pour accélérer la croissance de ce secteur économique. Pour Sudbury, c’est l’occasion de positionner son savoir-faire dans un marché en mutation. La mission se déroulera du 2 au 6 juin et comprendra une visite dans la capitale du pays, où se tiendra le Astana Mining & Metallurgy Congress [Congrès minier et métallurgique d’Astana, traduction libre], où une session de 90 minutes mettra en lumière les technologies canadiennes. Elena Zabudskaya, agente de développement économique à la Ville du Grand Sudbury, dirigera la délégation. Elle ajoute que la mission vise à placer les entreprises sudburoises en amont de ces projets. Entrer sur le marché à ce stade précoce, quand on peut adapter ses solutions aux caractéristiques précises des mines, c’est très prometteur et très stratégique pour certaines entreprises. Mme Zabudskaya affirme que plusieurs entreprises locales ont déjà confirmé leur participation et que d’autres évaluent encore les coûts du voyage. Elle affirme que des firmes actives dans le développement minier, la sécurité industrielle ou le soutien géotechnique figurent parmi les intéressées. Au moment de publier ces lignes, Radio-Canada n’avait pas reçu la liste des entreprises qui ont confirmé leur participation. Jean-Charles Cachon, professeur émérite à la faculté de gestion de l’Université Laurentienne, affirme que le Kazakhstan représente une destination naturelle pour les fournisseurs miniers de Sudbury. Comme le Canada, le Kazakhstan tire beaucoup d'avantages économiques de son exploitation minière et pétrolière, explique l'expert. Jean-Charles Cachon s’intéresse à l’Asie centrale depuis plus de 20 ans et intègre régulièrement des études de cas sur le Kazakhstan dans ses cours de gestion internationale. Photo : Radio-Canada / Isaac Adams M. Cachon avertit toutefois que des problèmes structurels persistent. Il note que que La situation géopolitique du Kazakhstan pose également des défis logistiques à long terme. Pays enclavé, le Kazakhstan a dû repenser ses routes commerciales à la suite de la guerre en Ukraine, notamment en cherchant des alternatives au corridor terrestre qui passait par la Russie. Selon M. Cachon, le pays investit actuellement dans de nouveaux axes de transport via la mer Caspienne et la Turquie pour accéder aux marchés européens. Il souligne que ces enjeux de connectivité pourraient affecter la rapidité et la fiabilité des exportations dans certains secteurs stratégiques, comme le pétrole ou les ressources critiques. M. Cachon note aussi que les compagnies canadiennes devront s’adapter aux réalités locales en prenant en compte la diversité culturelle du pays, où cohabitent France Gélinas, députée provinciale de la circonscription de Nickel Belt, estime que Sudbury a des atouts uniques à faire valoir à l’international. Pour Mme Zabudskaya, c’est aussi cette approche humaine du travail qui distingue Sudbury à l’international. Elle croit que cette expertise peut répondre à un besoin bien réel au Kazakhstan. France Gélinas participe chaque année à l’exposition minière de Toronto, où elle rencontre des délégations du monde entier venues découvrir l’expertise du Grand Sudbury. Photo : Radio-Canada / Isaac Adams M. Cachon reconnaît les efforts importants réalisés à Sudbury. Mais il prévient que cette exemplarité reste contextuelle. Mme Gélinas rappelle aussi que les bénéfices de ce type de mission prennent du temps à se concrétiser.Le Kazakhstan est une juridiction minière établie [...] et il y a un fort appui à l’exploration et au développement de nouvelles mines
, explique-t-elle.Une destination naturelle pour Sudbury
Tout ce qu'on retrouve dans le Nord de l'Ontario, on le retrouve au Kazakhstan
, dit-il, évoquant des ressources comme le cuivre, le nickel, l’or, l’argent, l’uranium, les platinoïdes et le chrome.
[le pays a] de la difficulté à se débarrasser de la corruption, à se débarrasser de toutes sortes de problèmes qui sont reliés au népotisme.
120 peuples pour une population de 20 millions d’habitants
.Un modèle d’exploitation minière responsable?
Sudbury est reconnu au niveau international comme un centre minier très avant-gardiste, un centre minier qui respecte l'environnement, qui respecte les travailleurs, qui respecte les Premières Nations
, affirme-t-elle.Nos manufacturiers canadiens, surtout dans le secteur minier, ont une très bonne réputation à l’étranger parce qu’ils sont très axés sur la santé et la sécurité des mineurs
, dit-elle.Ils peuvent compter sur notre expertise pour améliorer les conditions de santé et de sécurité de leur main-d’œuvre.

On est devenu un modèle par force, disons, pour les entreprises minières locales
, affirme-t-il, en soulignant les progrès en matière de réhabilitation des sols et de relations avec les Premières Nations.Est-ce qu’elles sont un modèle dans d’autres pays? Je ne crois pas
, dit-il.Ce n’est pas le genre de choses qui se met en place comme ça en l’espace d’une semaine. La première étape, c’est de signer des ententes
, conclut-elle.
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